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Cadmium : le dernier scandale de santé publique ? Que faut-il savoir ?

Cadmium : le dernier scandale de santé publique ? Que faut-il savoir ?

Le cadmium, métal lourd cancérogène omniprésent dans l'alimentation courante, représente un risque sanitaire majeur pour les Français, en attente de mesures médicales et législatives.

Publié le 16/05/2026

Un pavé dans la mare ?
En 2025, une étude de QueChoisir est revenue à la charge concernant le chocolat en provenance d’Amérique du Sud et sa forte teneur en cadmium. Inquiet depuis des décennies sur le sujet, le magazine rapporte en outre que, selon des données sanitaires, la moitié des Français serait contaminée au Cadmium. Il met particulièrement en garde les parents quant à l’alimentation des enfants, les plus exposés lors des petits déjeuners et goûters.

Qu’est-ce que le cadmium ?
Ce que certains qualifient de « bombe sanitaire », le cadmium est un métal lourd, un toxique cumulatif qui aggrave le risque de certains cancers, comme celui du pancréas, mais aussi prostate, sein, ou vessie, en ce sens qu’il peut rester des décennies dans l’organisme et qu’il faut des dizaines d’années pour l’éliminer.
Classé substance cancérogène et toxique pour la reproduction, le cadmium peut aussi entraîner des atteintes rénales ou une fragilité osseuse, des maladies cardio-vasculaires ou des troubles du neurodéveloppement. Or les Français sont très exposés à ce métal lourd par leur alimentation. 

Les aliments problématiques ? 
Les données scientifiques de surveillance pointent du doigt tout particulièrement les produits céréaliers transformés à base de blé ou de riz sucrés et salés, les pâtes, la semoule, le pain (baguette, pain de mie), les pommes de terre, le riz, les biscuits salés ou sucrés, ou le chocolat (cacao, pâte à tartiner riche en cacao), soit des aliments courants. Aussi, les coquillages, les abats et les algues peuvent apporter leur contribution toxique. 

Limiter les dégâts
Manger le plus équilibré et le plus varié possible. Il semble impossible d’interdire ou de bannir complètement ces aliments riches en glucide. Toutefois, et en règle générale, l’Anses recommande d’augmenter la consommation de légumineuses qui restent insuffisantes pour diluer l’ingestion de contaminants spécifiques. Alterner avec d’autres céréales : flocons d’avoine, farine de sarrasin, de seigle, de châtaigne. Variez les types de pains : pain complet, au sarrasin. Mangez davantage de fruits frais ou fruits secs, yaourts ou fromages. 

Les carences de fer, zinc, et calcium contribuent à l’absorption intestinale du cadmium. 

S'informer sur la provenance des aliments peut également aider à faire des choix éclairés, le bio ou le label AB (Agriculture Biologique) restant la meilleure option, mais aussi la plus coûteuse. Il s’agirait de changer et améliorer ses habitudes alimentaires, sans perdre le plaisir du goût, et d’arrêter de fumer. 
Adressez-vous donc à votre pharmacien.

Un dépistage : pour quoi faire ?
Cet été, un dépistage, remboursé, devrait être mis en place. En 2025, il devait être organisé pour les personnes à risques. Son coût est fixé à 27,50 euros, avec une prise en charge à 60 % par la Sécurité sociale et à 40 % par les complémentaires santé.

Le dosage sera d’abord urinaire afin de déterminer « l’exposition cumulée en cadmium dans l’organisme », puis sanguin en complément suite aux conclusions du premier dosage, le tout sous ordonnance du médecin pour obtenir un remboursement.

Selon la Haute Autorité de Santé, cela concernerait pour l’heure que les personnes « potentiellement » ou « les plus exposées » mais le dossier n’est pas finalisé. Or, il apparaît que les Français seraient les plus touchés en Europe par leur alimentation. 

Une loi pour 2027 ? 
Les efforts individuels resteront vains sans une décision politique agricole solide. Le cadmium peut être rejeté dans l’atmosphère par les industries, retomber et rester dans le sol. 

Suite aux réglementations proposées par l’Anses, une proposition de loi pour réglementer le cadmium dans les engrais phosphatés sera examinée en juin pour le réduire de plus de la moitié en 2027, et à nouveau de moitié, pour passer de 90mg/kg à 20mg/kg — ce qui ne semblerait ni assez rapide, ni suffisant à certains médecins libéraux, parlementaires ou citoyens lanceurs d’alerte, car l’Anses alerte depuis 2021.